Merci, Monsieur Sugimoto

mars 7th, 2009

Une fois encore le web par sa dimension documentaire vient de me donner un de ces petits bonheurs qui font l’existence plus belle.
Au détour d’une recherche, mon oeil a accroché un nom. Je n’ai jamais oublié ses images, mais son nom s’était perdu.
C’était il y a longtemps, dans un entrepôt devenu musée, sur les docks de la Gironde.

Dans quelque domaine que ce soit, les oeuvres qui vous marquent à jamais sont rares. Différentes pour chacun d’entre nous, heureusement, elles occupent une part particulière dans notre mémoire. Après leur rencontre, on n’est plus tout à fait le même. Le changement n’est pas toujours brutal, mais il est là, presque palpable, incontestable et inéluctable.
Ma rencontre avec le photographe japonais Hiroshi Sugimoto fut de cet ordre. Ses horizons marins m’ont ouvert les yeux sur un pan entier de la photographie qui jusqu’alors m’était non pas hermétique, mais simplement étranger. Pour la première fois, l’émotion brute me saisissait. Moi qui jusque-là n’avais qu’une passion pour la photo de presse, je réalisais à quel point la vision d’un artiste pouvait signifier.
Un monde venait de s’ouvrir, j’étais déjà un autre.

Longtemps, souvent, j’ai regretté de n’avoir pas acheté le magnifique portfolio édité pour l’occasion. Les tirages même en petit format étaient somptueux.
Reste la plénitude, la sérénité, l’émotion… La mémoire.

J’ai longtemps hésité. Ce n’est pas lui faire hommage que de mettre ici cette photographie.
Les limites du web face à l’émotion que procure un tirage papier parfaitement mis en valeur dans une exposition.

http://www.sugimotohiroshi.com/

Tyrrenian Sea

Tyrrenian Sea © Hiroshi Sugimoto

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GO !

février 24th, 2009

Poser son sac au sommet d’un immeuble, une ville ensoleillée, un pays où les gens sourient. Pas tous, mais à première vue beaucoup plus et beaucoup plus souvent que chez nous.
A priori, de quoi commencer une nouvelle histoire ou plus modestement une nouvelle tranche de vie.
Pourquoi ?
Pour pleins de bonnes et de mauvaises raisons et pour aucune en particulier. Ou plutôt si, pour changer d’air. Quitter un peu le cocon qu’est devenu Paris. Fuir, un peu peut-être… aussi.
Et puis se confronter à nouveau à l’autre, chez lui. Dans des conditions pour le moins étonnantes. Décider que se battre pour faire avancer ses projets c’est peut-être en passer par la compromission. Arrêter de lutter avec les petites armes que me permettait mon job. Capituler, c’est vrai, devant le diktat de la télévision. Côtoyer un monde que je méprise autant qu’il me fascine et s’enfoncer plus profondément dans la merde pour satisfaire ma curiosité et essayer d’en extraire quelque chose de positif. Pour vous ? Non. Traverser la Méditerranée ne m’a pas rendu plus altruiste. À vrai dire, je n’ai plus envie de donner à tort et à travers. Il y a ceux qui comptent et les autres. L’équation est complexe, le risque est grand de se tromper, mais la vie est trop courte. Définitivement trop courte.
Alors, c’est parti pour un voyage en enfer dans “Le Plus Beau Pays du Monde” !

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