Merci, Monsieur Sugimoto
mars 7th, 2009
Une fois encore le web par sa dimension documentaire vient de me donner un de ces petits bonheurs qui font l’existence plus belle.
Au détour d’une recherche, mon oeil a accroché un nom. Je n’ai jamais oublié ses images, mais son nom s’était perdu.
C’était il y a longtemps, dans un entrepôt devenu musée, sur les docks de la Gironde.
Dans quelque domaine que ce soit, les oeuvres qui vous marquent à jamais sont rares. Différentes pour chacun d’entre nous, heureusement, elles occupent une part particulière dans notre mémoire. Après leur rencontre, on n’est plus tout à fait le même. Le changement n’est pas toujours brutal, mais il est là, presque palpable, incontestable et inéluctable.
Ma rencontre avec le photographe japonais Hiroshi Sugimoto fut de cet ordre. Ses horizons marins m’ont ouvert les yeux sur un pan entier de la photographie qui jusqu’alors m’était non pas hermétique, mais simplement étranger. Pour la première fois, l’émotion brute me saisissait. Moi qui jusque-là n’avais qu’une passion pour la photo de presse, je réalisais à quel point la vision d’un artiste pouvait signifier.
Un monde venait de s’ouvrir, j’étais déjà un autre.
Longtemps, souvent, j’ai regretté de n’avoir pas acheté le magnifique portfolio édité pour l’occasion. Les tirages même en petit format étaient somptueux.
Reste la plénitude, la sérénité, l’émotion… La mémoire.
J’ai longtemps hésité. Ce n’est pas lui faire hommage que de mettre ici cette photographie.
Les limites du web face à l’émotion que procure un tirage papier parfaitement mis en valeur dans une exposition.
http://www.sugimotohiroshi.com/

Tyrrenian Sea © Hiroshi Sugimoto
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